XRMust, nouveau virage pour ce média qui documente la filière de l’immersif
Article publié le 29 septembre 2026
Temps de lecture : 6 minutes
Article publié le 29 septembre 2026
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Dans le paysage médiatique, XRMust figure parmi les précurseurs à avoir développé une expertise consacrée à la création immersive. Désormais davantage pensée comme une plateforme, XRMust accélère sa stratégie de de données consacrée aux écosystèmes internationaux avec un nouveau site. Un virage qui témoigne aussi de la structuration progressive d’un secteur, certes fragile, mais qui se professionnalise à marche soutenue. Rencontre avec le directeur du média, Mathieu Gayet.
Il n’y a pas si longtemps encore, avant que le terme immersif ne devienne une référence absolue, on parlait encore de « XR ». Le nom de XRMust porte en lui cette antériorité. À juste titre : depuis sa création, le média dirigé par Mathieu Gayet suit de près les évolutions de la création immersive. L’histoire commence après un voyage à SXSW, en 2017. « À l’époque, on commençait à montrer des œuvres en réalité virtuelle, avec les premiers casques disponibles sur le marché. J’ai senti que les technologies allaient constituer une évolution majeure dans l’audiovisuel » se remémore Mathieu Gayet. Puis, il y a eu cette envie de rencontrer celles et ceux qui créaient de nouvelles formes à partir des technologies numériques. « XRMust est né de ce besoin de témoigner de la naissance d’une filière. » Depuis, le média bilingue a publié plus de 1 000 articles consacrés à l’actualité internationale. XRMust s’intéresse aussi bien aux enjeux économiques, à travers des décryptages consacrés au Luxembourg, aux Pays-Bas ou aux exportations des créations françaises, qu’à l’actualité des studios, des festivals, des artistes ou des nouveaux lieux de diffusion. « Le but, c’est d’être un centre d’information pour tout le monde, professionnel·les et publics passionné·es par l’immersion. » Au début de l’été 2026, XRMust a toutefois fait accélérer son approche – « un site bicéphale, avec d’un côté une approche éditoriale et, de l’autre, une partie base de données mondiale » – en remodelant son site web.

Déjà, à l’origine du média, l’idée était de recenser les créations, festivals et producteurs qui ne figuraient dans aucune base existante. La nouvelle version du site pousse cette logique plus loin. « L’ambition est d’être un hub d’informations. C’est pour ça que les utilisateurs vont avoir désormais plus de place dans cette nouvelle version. » À l’image d’un site comme AlloCiné, les utilisateur·rices peuvent ainsi consulter les informations relatives à une création : générique, production, récompenses, etc. Mais ils peuvent également sélectionner et comparer les projets, participant ainsi à une forme de curation collective. « On liste le top 10 des expériences sur le site, le top 10 des douze derniers mois, le top général. On va essayer d’offrir un point de vue, pas quantitatif, mais en tout cas un point de vue sur ce qui se passe aux quatre coins du monde. Montrer qu’il y a des projets qui réussissent, d’autres qui sont moins dans la réussite mais qui ont des volets intéressants. En réalité, ce qu’on introduit c’est une forme d’analyse du marché actuel » explique Mathieu Gayet. En somme, il s’agit de donner de nouveaux indicateurs de performances et de pilotage aux créateur·rices, producteur·rices, programmateur·rices et chercheur·euses. Les données gagneront en précision au fil du temps. « Ces chiffres-là vont évoluer au fur et à mesure qu’on va mieux qualifier la base. Je pense juste que l’idée, c’est d’être un point de référence », et de contribuer ainsi à faire émerger de véritables indicateurs de marché.

Cette nouvelle orientation s’accompagne également d’une évolution du modèle économique. XRMust bascule vers un système d’abonnement, proposé à 38 euros par an. L’objectif est de maintenir une partie du site en accès libre, tout en réservant environ 80 % des contenus et fonctionnalités aux abonné·es. « J’estime que XRMust, aujourd’hui, c’est un embryon de ce que ça peut être demain. Évidemment, on peut faire énormément plus de choses et, après, comme un média traditionnel, trouver des façons de retomber sur ses pattes financièrement. »

En 2026, diriger un média est déjà une entreprise périlleuse. Stabiliser son modèle économique, à l’heure de l’IA, l’est tout autant. Se pose alors une question plus large : comment un média peut-il contribuer à l’émergence et à la structuration d’une filière internationale ? Car si les aides à la création existent, les dispositifs de soutien restent assez rares. Or, sans médias pour documenter, analyser et mettre en relation les acteur·rices, difficile de construire une mémoire commune et de donner de la visibilité à un secteur. Dans la création numérique, la logique n’est d’ailleurs pas tant celle de la concurrence entre médias que celle de la complémentarité. « Chaque média se spécialise. Certains parlent de l’actualité des créateurs, d’autres des politiques culturelles, d’autres, comme HACNUMedia, décident plutôt d’analyser les tensions existantes entre tech, art et ICC. » Pour Mathieu Gayet, l’enjeu est donc de « mutualiser les connaissances plutôt que multiplier les silos ».
Une ambition qui suppose aussi une implication collective. « Il faut que les acteur·rices de la filière nous accompagnent là-dessus. Il faut que les producteurs et les créateurs aient du temps pour remplir les fiches. » Derrière la nouvelle version de XRMust se dessine une ambition forte : contribuer à documenter une filière encore jeune, produire des repères communs et faciliter la circulation des informations. « C’est un secteur quand même extraordinairement créatif », conclut Mathieu Gayet. Une raison de plus de soutenir celles et ceux qui contribuent à le documenter et à le structurer.
Adrien Cornelissen
Cet article est publié dans le cadre d’un partenariat avec XRMust. HACNUMedia en assure la rédaction en toute indépendance