Face à la baisse des subventions locales et nationales, l’Europe est-elle une panacée pour la culture ?
Article publié le 2 mars 2026
Temps de lecture : 20 minutes
Article publié le 2 mars 2026
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À mesure que les soutiens publics se resserrent en France, un nombre croissant de structures culturelles se tournent vers des programmes de financement européens. Quelles sont les conditions d’accès à ces financements ? Quelles ressources humaines et stratégiques exigent-ils ? Dans un contexte de concurrence renforcée, les petites structures sont-elles désavantagées face à des organisations plus importantes, mieux armées pour répondre à ces appels à projets ? Analyse avec plusieurs expert·es des projets européens.
La baisse des subventions locales et nationales, désormais bien documentée par le Cartocrise de l’Observatoire des Politiques Culturelles, affecte des structures culturelles sur l’ensemble du territoire, toutes disciplines confondues. Le secteur de la création numérique, qui semble pourtant bénéficier d’une visibilité accrue ces derniers mois, notamment au regard de la place centrale qu’occupent les technologies dans nos vies, n’échappe pas à cette dynamique. Dans ce contexte, de nombreuses structures de la création numérique ont récemment annoncé des projets soutenus par des fonds européens. À l’image d’Electroni[k], qui déploie avec cinq partenaires (OHME, iii, LEV Festival, l’ULB et VUB) Solar Futures, une initiative financée par Europe Créative. Le projet invite trois artistes à concevoir trois œuvres explorant des futurs écologiques, numériques et sociétaux. Concrètement, un financement européen peut atteindre plusieurs millions d’euros, mais prend aussi la forme de soutiens plus modestes, de quelques milliers d’euros. Le projet Chromosphère, festival full-dôme itinérant réunissant plusieurs co-organisateurs en Grèce (ADAF), en Pologne (Patch Lab Festival), en Italie (LPM), en Hongrie (Fonix) et en Roumanie (Art Mirror), a ainsi permis à l’AADN de bénéficier d’un soutien d’environ 35 000 euros. « Un montant qui a rendu possible la conception d’un événement riche, tant à destination des professionnel·les que des publics, et entièrement gratuit », souligne Cyrielle Tissandier, responsable de production d’AADN. « C’était particulièrement pertinent au regard de notre objectif de démocratisation des pratiques ».

Ces collaborations entre partenaires européens se multiplient donc à vitesse grand V. Au point de voir ces programmes européens sur-sollicités par les demandes ? À regarder de plus près le rapport Une décennie d’Europe Créative de la commission européenne publié en décembre 2025, la réponse tend clairement vers une surcharge. Ainsi, si l’on comptabilisait 463 soumissions de candidatures en 2021 à l’appel Coopération du programme Europe Créative, le programme européen qui semble le plus connu, on en comptait 831 en 2023. Résultat concret, le taux de réussite est en nette baisse passant sur les mêmes périodes de 27% à 17%. L’enlisement politique aux niveaux nationaux amorcé en 2024 et aggravé en 2025 a encore accentué ces chiffres (le taux de réussite l’an passé étant de 7%), rendant l’accès à ces financements de plus en plus conditionnel. Faut-il pour autant se décourager de candidater ? Certainement pas au regard de la diversité des programmes – et d’objectifs donc – et d’opportunités de transformation possibles pour les acteurs culturels.
Avant d’examiner en détail les programmes existants, un rappel s’impose : la culture ne constitue pas, à proprement parler, une compétence de l’Union européenne. « On dit parfois que la culture est entrée par la fenêtre », introduit Pierre Brini, cofondateur du LABA, structure spécialisée dans l’accompagnement aux projets européens, et professeur associé à l’université Lyon 2. Autrement dit, le financement de la culture s’opère le plus souvent à travers d’autres prismes : l’aménagement du territoire, l’éducation, le social. « Cela colore nécessairement ces programmes et leurs priorités », précise-t-il. Si les années 2000 avaient vu émerger des dispositifs tels que Kaléidoscope, Culture 2000, puis Culture 2007-2013, directement orientés vers les enjeux de création (résidences, production, diffusion), l’année 2014 marque un tournant avec l’arrivée du programme Europe Créative. Doté de 2,44 milliards d’euros pour la période 2021-2027 sur un budget européen global – hors plan de relance covid – avoisinant les 1074,3 milliards (soit moins de 0,23 % de l’ensemble), ce programme opère un glissement significatif. « On a retiré symboliquement le mot “culture” dans l’intitulé du programme pour ouvrir sur la notion de créativité davantage tournée vers les industries culturelles et créatives », analyse Pierre Brini. Les soutiens financiers s’inscrivent alors prioritairement dans une logique d’intégration au marché, relevant davantage de l’aide à l’amorçage que du soutien à la création en tant que telle. « Il s’agit d’un tournant néolibéral qui a structuré les politiques européennes jusqu’en 2020 », poursuit-il. Depuis, Europe Créative semble toutefois réintégrer des enjeux plus transversaux – écologiques, égalitaires, démocratiques – sans pour autant replacer la création artistique au cœur de ses priorités. Car, de manière certes schématique, la création “pure” demeure relativement périphérique dans les préoccupations européennes. Les autres grands programmes ne font pas exception, chacun poursuivant ses propres objectifs. « Erasmus+ relève d’objectifs de mobilités d’apprentissage et d’innovation pédagogique. Horizon Europe concerne la recherche et l’innovation. Quant au programme CERV, il se concentre sur les enjeux de citoyenneté », résume Pierre Brini. S’ajoutent également d’autres programmes comme Interreg dédié aux coopérations transfrontalières. Tous partagent néanmoins un principe, sauf cas exceptionnel : la coopération transnationale, condition sine qua non de l’accès à ces financements.

En marge des grands programmes précédemment évoqués, il existe également des dispositifs moins sollicités par les porteur·euses de projets. C’est en tout cas le constat dressé par Aurélie Delater, fondatrice de Noisette et experte en recherche de financements européens, qui accompagne des structures telles que Chroniques, GLUON ou encore OGR Torino. Certains appels à projets de coopération, largement identifiés, sont aujourd’hui saturés, avec des taux de succès particulièrement faibles. À l’inverse, d’autres mécanismes restent plus confidentiels. « Un type d’appel moins recherché, car moins connu, ce sont les cascade funding », explique-t-elle. « Lorsqu’un projet de grande envergure est approuvé dans le cadre d’un projet européen tel que Horizon ou Europe Créative, des fonds spécifiques sont souvent redistribués au travers d’appels à résidence ou programmes, avec des enveloppes de plusieurs milliers d’euros. Ils sont ouverts à la fois à des personnes individuelles telles que des artistes, et à des organisations. » Ces financements en cascade présentent toutefois des limites : ils ne s’inscrivent pas dans une logique de récurrence et bénéficient d’une visibilité restreinte. Leur accès suppose une veille permanente et une connaissance fine des arcanes des politiques européennes, ce qui les réserve le plus souvent à des structures déjà accompagnées par des spécialistes des appels à projets.
Cette première lecture mérite toutefois d’être nuancée. Chacun des programmes précédemment évoqués se décline en réalité en une mosaïque d’appels à projets, calibrés selon des échelles, des ambitions et des niveaux de complexité variables. « Cela introduit une véritable granularité, avec des dispositifs qui s’adressent à tous types de structures », souligne Stéphane Segreto-Aguilar, directeur de Relais Culture Europe situé à Paris, le bureau français du programme Europe Créative, chargé d’une mission de service public visant à accompagner les candidat·es au niveau national. « Certains appels sont relativement simples, comme les aides à la mobilité : ce sont des dossiers qui peuvent être montés en quelques semaines si on a déjà un partenaire », précise-t-il. « À l’inverse, d’autres projets, beaucoup plus structurants, mobilisent plusieurs centaines de milliers d’euros. Ils nécessitent du temps pour construire des partenariats solides, en évaluer la soutenabilité sur le long terme et aligner l’ensemble des parties prenantes. » Pour Stéphane Segreto-Aguilar, il convient surtout de déconstruire une idée reçue : celle d’une domination systématique des grandes structures parmi les lauréats. « C’est un fantasme de croire qu’il existe un profil type. Ce qui compte, ce sont des projets bien construits, portés par des partenariats pertinents et clairement alignés avec les objectifs des appels. Dans les appels à coopération, on observe aussi bien de grandes structures qui échouent que de petites organisations qui réussissent. »
C’est précisément à cet endroit que s’inscrit la mission de Relais Culture Europe : accompagner gratuitement les porteur·euses de projets dans la compréhension des enjeux européens et leur articulation avec les réalités locales. « Nous accompagnons les candidat·es jusqu’au dépôt de leur dossier ; ensuite, c’est l’agence exécutive européenne pour l’éducation et la culture (EACEA) qui prend le relais », explique-t-il. Sur une année, de la formation collective à l’accompagnement individualisé, ce sont plusieurs centaines de projets relevant des industries culturelles et créatives qui bénéficient de ce soutien. « Nous mettons en relation les initiatives, facilitons la recherche de partenaires et, in fine, contribuons à maximiser les chances de succès des candidatures. »
Dans les faits, cette granularité se traduit bien par une diversité de profils parmi les candidat·es et les lauréat·es. Mais l’analyse gagnerait à être prolongée afin de saisir les mécanismes de filtrage à l’œuvre. Pierre Brini avance à cet égard une première clé de lecture : « Les aides européennes sont avant tout des aides aux projets. Cela implique une quasi-absence des soutiens au fonctionnement. » Concrètement, les porteur·euses doivent être en mesure de démontrer les impacts du projet à moyen terme, généralement à l’issue de deux ou trois années. « Il faut soit attester d’impacts économiques, soit mettre en avant des retombées sociétales, écologiques, ou autres », précise le spécialiste des financements européens. Cette logique laisse sur le bord du chemin certain·es artistes engagé·es dans une démarche de création artistique stricto sensu, difficilement réductible à des indicateurs d’impact. À l’inverse, « celles et ceux qui travaillent dans des formats de laboratoire, de recherche ou d’éducation artistique et culturelle, et qui conçoivent la fonction sociale de l’artiste de manière élargie, trouvent davantage leur place dans les financements européens », analyse-t-il.

Par ailleurs, si les bureaux Europe Créative jouent un rôle central dans l’accompagnement des candidat·es, une candidature européenne suppose un travail conséquent, en amont du dépôt comme une fois le projet sélectionné. La phase de montage, souvent invisible, mobilise du temps, des compétences et des ressources financières non négligeables. L’organisation Creative FED, la fédération européenne de l’économie créative, soulignait ainsi que, pour chaque projet examiné dans le cadre d’Europe Créative, le coût – incluant temps de personnel et frais généraux – peut être estimé à environ 25 000 euros par proposition. Rapporté à l’ensemble des candidatures finalement refusées entre 2021 et 2023, cela représenterait, selon le calcul de cette organisation de défense des intérêts des ICC, près de 40 millions d’euros investis sans financement à la clé. Autrement dit, le temps consacré à la candidature a un coût réel. Pour l’Union européenne mais également pour les structures pour qui ces coûts (difficile à estimer côté candidat) peinent à être absorbés, alors même que leur visibilité de trésorerie ne dépasse parfois que quelques mois. Quid également de la place des structures implantées en territoires ruraux ou ultramarins, souvent en marge des logiques d’industries culturelles et créatives (ICC) et encore peu valorisées par ces appels à projets ? C’est précisément l’un des constats formulés dans la note Culture & territoires : pour une action ancrée, équitable et coopérative, communiquée début 2026 par le groupe de travail « Prospective & Territoires » du Relais Culture Europe, qui propose une série de mesures en vue de la programmation 2028-2034. Dans ces territoires – en transition industrielle ou à faible densité démographique – de nombreuses initiatives culturelles fortement ancrées localement participent à l’invention de nouveaux équilibres. Pourtant, malgré leur pertinence évidente, elles restent souvent sous-représentées ou insuffisamment reconnues dans les projets européens. Parmi les préconisations avancées, le rapport appelle notamment à « adopter une approche différenciée pour les RUP/PTOM », en envisageant, par exemple, la création d’appels spécifiques, fondés sur les enseignements du programme Archipel.
« La première marche est importante, et elle met de côté une partie du monde de la culture sur des critères d’efficience et de transversalité des projets », reconnaît Pierre Brini. Une fois lauréates, les structures doivent également composer avec l’exigence opérationnelle des projets européens. « Il y a beaucoup de données à rassembler, à organiser, à documenter », témoigne Cyrielle Tissandier, à partir de son expérience sur Chromosphère. Dans ce projet, la coordination était assurée par le partenaire leader, ADAF, qui disposait d’un poste dédié aux relations avec les partenaires et l’Union européenne, ainsi qu’aux enjeux d’évaluation et de reporting. « Nous avions des visioconférences hebdomadaires, ce qui a permis de créer et de consolider une coopération réelle autour d’un projet commun, et non une simple juxtaposition d’événements. En synthèse, oui, c’est exigeant, mais avec les bons moyens humains et les outils adaptés, cela fonctionne très bien », souligne-t-elle. Cette charge de travail repose souvent sur des profils spécialisés comme c’est le cas d’Ilaria Bondavalli, cheffe de projets européens pour Chroniques. « Une personne dédiée aux affaires européennes assure le liant entre les partenaires, fluidifie la communication, crée des connexions pertinentes et assure la cohérence globale du projet » explique t-elle. Des missions auxquelles s’ajoutent de nombreux déplacements internationaux. Elle ajoute, « on voit très clairement la différence quand un projet est coordonné par ces profils ou quand il est confié, en plus de ses missions, à un membre de l’équipe. »
Cela étant, il convient de rappeler que ces appels à projets européens constituent une opportunité majeure pour le secteur de la création numérique, aujourd’hui engagé dans une phase active de structuration. L’écosystème s’est considérablement densifié ces dernières années et les partenaires potentiels se sont multipliés, comme le souligne Aurélie Delater : « Les cultures numériques se sont développées à l’échelle européenne. Là où, auparavant, je peinais à identifier des interlocuteurs, je dispose désormais de contacts partout en Europe. » Certains pays apparaissent particulièrement matures dans leur rapport aux financements européens, notamment la Belgique et les Pays-Bas. L’Italie constitue également un terrain favorable, les acteurs culturels y ayant de longue date compensé la faiblesse des soutiens nationaux par un recours aux dispositifs européens. Plus récemment, des pays comme la Croatie, la Hongrie ou la Slovénie émergent à leur tour dans ces dynamiques de coopération.
Cette ouverture est d’autant plus notable que le numérique traverse aujourd’hui l’ensemble des appels à projets, de manière transversale. « La transition digitale est une véritable boîte de Pandore : il existe mille façons de parler du numérique », analyse Pierre Brini. « C’est une priorité transversale, et son piège est précisément d’être à la fois partout et nulle part. » La Commission européenne avance ainsi de grands termes-valises, dont l’interprétation revient aux porteur·euses de projets. Une latitude qui offre une réelle liberté d’action, mais engage aussi une forte responsabilité en matière de cadrage et de sens. « Aujourd’hui, l’intelligence artificielle est majoritairement invoquée ou encouragée dans les appels à projets. Il devient de plus en plus compliqué d’obtenir un financement Erasmus+ sans une action portant sur les compétences relatives à l’IA », ironise Pierre Brini. La création numérique apparaît toutefois de manière plus frontale dans un dispositif européen spécifique : l’initiative S+T+ARTS, lancée en 2015. « On n’est pas au même niveau qu’Europe Créative ou Horizon Europe, qui sont de véritables programmes. S+T+ARTS relève d’une initiative portée par la DG Connect, en charge de l’agenda numérique européen », précise Aurélie Delater, familière de ces appels à projets. Chaque année depuis près de dix ans, une enveloppe financière est mobilisée, sans que son montant global ne soit rendu public. « En moyenne, une quinzaine de projets ont été soutenus, pour des financements d’environ 1,5 millions d’euros par projet », estime-t-elle cependant.
Une nouvelle feuille de route européenne devrait par ailleurs se dessiner dans les prochains mois, avec notamment une perspective de mutualisation des programmes Europe Créative et CERV. Ce futur dispositif, provisoirement désigné sous le nom d’AgoraEU, couvrirait la période 2028–2035 et bénéficierait d’une dotation financière renforcée. « C’est un programme qui serait mieux doté, et même si les orientations sont encore en discussion, la proposition globalement paraît très positive », souligne Stéphane Segreto-Aguilar. Ce tournant s’inscrit dans une ambition politique affirmée : faire d’AgoraEU un espace de protection et de soutien à celles et ceux qui créent librement, dans un contexte européen marqué par des tensions démocratiques croissantes. Une hausse des financements est annoncée, mais elle s’accompagne aussi d’interrogations quant à la place et au rôle assignés à la culture. « Je suis inquiète de voir la culture devenir “seulement” un outil, quand bien même pour une noble cause comme la démocratie », nuance Aurélie Delater. « Ce n’est pas à l’Europe de définir à quoi sert la culture. Dans cette vision, on risque de limiter la culture à des fonctions utilitaristes et de ne la valoriser que lorsqu’elle répond aux intérêts fixés par les politiques » Une lecture que Pierre Brini préfère nuancer, y voyant une opportunité. « Cela peut aussi être l’occasion d’interroger les acteurs culturels sur ce qu’est la culture, et la manière dont ils agissent sur les mouvements sociaux et les transformations sociales en cours», conclut-il. De ce point de vue, les acteur·rices des cultures numériques ont indéniablement beaucoup à apporter.
À noter également que HACNUM propose un cycle de formation dédié au montage de projets et aux financements européens, pour accompagner concrètement les acteur·rices des arts hybrides et de la création en environnement numérique dans leurs stratégies de coopération internationale.
“Il est essentiel de construire sa stratégie dès le départ et de dessiner son parcours européen. La première étape peut être une demande d’aide à la mobilité, puis l’obtention d’un financement Erasmus+, avant de passer à un projet Europe Créative. Commencez par un soutien de petite échelle, puis un soutien de grande échelle.” – Stéphane Segreto-Aguilar, directeur de Relais Culture Europe
“Il faut se former aux enjeux méthodologiques et au vocabulaire imposé par Bruxelles. Certains y sont habitués, d’autres non, car cette ingénierie reste spécifique. Quoi qu’il en soit, monter un projet européen demande du temps et beaucoup d’exigences, mais c’est aussi l’occasion de développer des compétences de méthodologie de projet que la structure pourra réutiliser par la suite et dans d’autres contextes.” – Pierre Brini, cofondateur du LABA, professeur associé à l’université Lyon 2
“La concurrence pour décrocher des projets européens est forte et le taux de réussite est souvent bas. Il est indispensable de diversifier ses financements pour ne pas dépendre uniquement de ces fonds européens.” – Aurélie Delater, experte en recherche de financements européens
Adrien Cornelissen